LA LETTRE           ADHERER         FAIRE UN DON        

émission du 11/06/21

vendredi 11 juin 2021

proposé par Bernard Laurent

La place de la bouffe.

Mes parents ont élevé cinq garnements. Mon papa était d’origine provençale et droitier. Aucune allusion à ses orientations politiques ni à la possible victoire électorale des fachos dans la région PACA. A la table familiale, la place à sa droite, c’était « la place de la bouffe ».
Ami auditeur, je devine ton oreille interrogative et quelque peu inquiète. Non, être assis à « la place de la bouffe », ce n’était pas pour que les autres vous regarde « bouffer ». Non, non. C’était la place la plus proche de sa main droite, une main droite prête à décocher « une bouffe » si l’on se tenait mal à table, parce que dans ces temps lointains il fallait bien se tenir à table. Tu l’auras deviné, auditeur attentif, une « bouffe » c’était une beigne, une calebote , une mornifle, une torgnole, un emplâtre, un pastisson comme il se dit du côté des marchés de Provence. Une gifle, dirait-on aujourd’hui en français de chez nous, en vrai français quoi ! On est chez nous !
Rassure-toi auditeur inquiet et révolté devant le spectacle potentiel d’une possible violence familiale. En réalité, mon père, ce héros au sourire si doux, pratiquait à l’époque la dissuasion gestuelle, la menace toute théorique de s’en prendre une si l’on mettait ses coudes sur la table, par exemple.
Cette menace, jamais mise à exécution, était en fait la marque silencieuse d’un amour filial sans limite. Et celui les enfants qui héritait de la chaise à la droite du père, à la place de la « bouffe », faisait presque semblant d’avoir peur.
Voilà ces souvenirs d’enfance pour illustrer la différence entre la violence possible, éventuelle, imaginée, voire redoutée et la violence réelle, celle qui fait mal, qui humilie, qui rabaisse. La violence imbécile de ceux qui n’ont d’autre argument que de gifler pour cacher leur faiblesse et proclamer leur bêtise.
La violence des royalistes et de cette extrême droite nostalgiques de l’Action Française qui veut « corriger » et « humilier » la république en la giflant, d’Aristide Briand, Président du Conseil en 1920 à Emmanuel Macron, Président de la République en exercice.
En attendant…
(Extrait du film Les Visiteurs)

Bernard LAURENT

Votre magazine complet

C’est un gueux qui possède le château.

Editorial de :
  Bernard Laurent
publié le : 11-06-2021 - 29min54s

Depuis la Bretagne jusqu’à l’île d’Aix, on y accède à vélo en compagnie du Cid.





Les chroniques sont aussi à lire


    Mon vieux vélo et moi.
    Balnéothérapie.

Les fichiers sonores et les textes mis à disposition sont soumis aux règles de distribution et de partage suivantes des licences Creative Commons :

Logo Creative Commons BY NC ND
Logo Creative Commons

/BY : attribution / NC : non commercial / ND : partage dans les mêmes conditions /




Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?


Votre message


Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Une fois publié, pour effacer ou modifier votre message : contact@balado-gazette.fr