Gabriela Barrenechea

lundi 4 novembre 2019

proposé par Bernard Laurent

de l’intime à l’universel




Gabriela Barrenechea

J’avais 15 ans au moment du coup d’état

Ce mardi matin de presque printemps, nous entendions les hélicoptères sur nos têtes, les bombes retentir dans notre quartier. En début d’après-midi, la dernière radio annonça la mort de Salvador Allende. Mes yeux se remplirent de larmes. Orpheline. Rien ne serait pareil à partir de ce moment. Ma vie a basculé d’un coup d’état, d’un coup il m’a fallu grandir, vivre avec l’absence, la peur, le manque, la barbarie. Il fallait que je me taise, surtout ne pas me faire remarquer… Une belle page se tourne, une nouvelle, grise, est à écrire et je ne connais pas cette écriture. Pleine d’incertitudes.

La musique a été ma compagne de tous les jours. Elle était mon refuge, mon axe, ma vie. C’est avec elle que je me suis ouvert un chemin nouveau, celui qui m’a aidé à me refaire un réseau d’amis. Celui qui m’a rendu la parole et le goût pour la vie. Celui qui, à l’université, a accompagné mon engagement dans la résistance. Engagement qui m’a conduit en prison puis à l’exil en France, en décembre 1980. Voilà mon parcours depuis ce 11 septembre 1973, voilà ce que la mort de Salvador Allende a fait en moi et en beaucoup d’autres.



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